Bref, j'ai cousu ma robe de mariée : 2/3 : Se jeter à l'eau

Si tu as bien lu l'article précédent, nous sommes en septembre et je m'apprête à galérer sa mère. Après une rentrée mouvementée, j'ai sorti mes précieux, et je me suis équipée de l'arme ultime : une aiguille microtex 60 et du fil gutterman ivoire. Les bons outils font les bons ouvriers (Ça et deux litres de café me concernant).

J'ai commencé par coudre le bas sans trop de difficultés. Il y a donc deux couches de doublure, trois couches de tulle plus texturé, et pour finir deux couches de tulle illusion. Seules les deux dernières couches ont été froncées (j'ai ajouté 10 cm de chaque côté).  

J'ai fini par surjeter toutes les couches ensemble au niveau de la taille et, patatras, le surjet a étiré mon tissu, ce qui a nécessité de le refroncer avant assemblage avec le haut.

Bref, j'ai cousu ma robe de mariée : 2/3 : Se jeter à l'eau
Mettable au boulot ? Mmmm, peut-être pas.

Mettable au boulot ? Mmmm, peut-être pas.

En octobre, j'ai coupé les pièces du haut. Je les ai assemblées, tout tombait nickel. J'ai passé une longue soirée à couper les fleurs à rebroder en regardant la moitié de la première saison de The crown (tu sauras tout).

On a fait une après midi sœur pour épingler toutes les fleurs sur le buste. L'objectif était de garder de la transparence sans dévoiler mes boobs, enjeu d'une importance planétaire.

J'ai ensuite patiemment cousu chaque fleur à l'emplacement prévu, puis ma prof a épinglé le dos.

J'ai assemblé le haut et le bas et monté une fermeture invisible sur le côté (uniquement à la doublure, les couches de tulle ont été fermées avec des petites pressions transparentes).

Et là, résultat mi figue mi raisin. L'idée y était, mais la robe ne me mettait clairement pas en valeur. Seul ce brave papa dodu, qui m'aime en pyjama avec une haleine de poney, la trouvait parfaite.  Je l'ai amenée à mon cours de couture pour en faire une lecture critique collective, la nécessité de supprimer le jupon et d'ajouter une ceinture a paru à toutes une évidence.

Bref, j'ai cousu ma robe de mariée : 2/3 : Se jeter à l'eau

On est donc à un mois et demi du mariage, je commence à transpirer en imaginant chercher je ne sais où du ruban satiné pile de la bonne couleur tout en vivant ma vie de mère-et-femme-qui-travaille-et- rénove-une-maison-et-a-encore-dix-sept-noeud-papillons-à-coudre.

Et puis, parce que parfois la vie t'envoie des jolis signaux, j'ai ouvert mon coffre à chutes, et j'ai trouvé sur le dessus un morceau de soie ivoire exactement dans le ton, donné par une amie en provenance directe du grenier de sa grand mère. Et hop, une ceinture ! Montée entièrement à la main sur la robe, rebrodée d'un liseré de dentelle, elle a tout changé.

J'ai repris aussi les côtés, ma sœur est venu m'aider à virer ou désépaissir les fleurs en surplus. J'ai fait un roulotté pour la doublure et quelques points main pour faire bouffer le bas, ajouté des boutons dorés et voilà.

C'était ma robe.

Tu vois, quand je l'ai mise dans sa housse en me promettant de ne plus l'ouvrir avant le jour J, et ben, j'ai un peu pleuré.

Il n'y a peut être pas eu d'essayage et de coup de "wahou", de gentilles vendeuses et de magasins chics.

Il y a eu cent fois plus.

Cette robe a vécu ma vraie vie, elle a été trainée sans ménagement dans des endroits que j'aime. Elle a été couse, découse, recousue.

Et par dessus tout, elle n'aurait jamais été celle-ci sans tous les regards et toutes les mains qui m'ont aidée à la penser, à l'épingler, à la changer. Sans le cours de couture et les gars du skate park d'en face qui connaissent mon anatomie par coeur. Sans mes sœurs et leurs doigts de fée, sans ma mère et sa gentillesse, sans Papa Dodu qui a patiemment soutenu et n'a jamais rechigné à donner son avis.

Allez, vendredi, je te la montre.

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À propos

Moulthilde

Maman d'un petit dodu, je fais de la couture pour lui et ses congénères dès que j'ai du temps libre. Et donc, je ne fais plus de sport, je ne mange pas équilibré, et mes ongles n'ont pas vu de lime depuis le second empire.
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Reyhaziel 20/12/2018 14:13

AH, c'est vraiment toute une aventure dis moi. Et finalement, ça rapproche peut-être encore plus des gens qu'on apprécie que le mariage lui-même.
Et petit Dodu ? Est-ce qu'il a pu y apporter sa petite touche perso lui aussi ?

Marie 12/12/2018 16:35

Une chouette histoire, celle de ta robe ! Vivement la suite !

Moulthilde 13/12/2018 20:11

Merci Marie !!!

Val 12/12/2018 13:45

Vivement vendredi et merci pour le partage de tes aventures... Les chaussures chic et sobres !!! je surkiffe :-) Hâte de voir ta merveille ! Quel suspense !!!

Moulthilde 13/12/2018 20:10

Ah ah ouais j'avoue que plusieurs copines m'ont demandé si j'allais vraiment les mettre ;-) donc la réponse est oui !

Aplatescoutures 12/12/2018 11:28

vivement vendredi ;)

Moulthilde 13/12/2018 20:10

;-)

Florence 12/12/2018 10:08

J'adore cette histoire. C'est tellement enrichissant un projet challenging. Bravo pour la persévérance

Moulthilde 13/12/2018 20:10

Carrement ! J'avoue que j'ai un peu de mal à redémarrer sur des projets "normaux" derrière !

Chantal 12/12/2018 07:49

Elle a une belle histoire riche en émotions cette robe. Elle est toi.

Moulthilde 13/12/2018 20:09

Oui c'est tout à fait ça :)